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les brumes

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Les territoires sont vierges. L'aube naissante. Une promesse est annoncée qui ne se profile pas encore. Jamais elle ne viendra. Parce que trop incisive et décisive. Comme la fin. Non infinie, d'où porterait-elle et l'amour et les jours ? Les brumes sans bords, elles, permettent de ne jamais naître. Quand les reliefs sont trop risqués, on les adoucit en ne les affrontant pas. Leur négation les plonge dans l'abstraction. Les voiles sont là. Peut-être chatoyants et lumineux en soi, mais des êtres sans forme, ni mouvement, ni devenir. Je me sens en dynamique contemplative sans mordant. Mes perceptions pourtant sont précises. Volontairement, je floute pour laisser passer le karma. Pour épuiser la force, le danger... et la question. Je ne rebondis pas, mais diffuse ce qui "où donc" s'écoule... Quelque chose accroche mon attention : une rondeur, une moiteur, une candeur... sans chaleur. Un esprit "vide de lui" qui s'adonne aux immersions dans les mo

nos écoutes

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Calligraphie par Lorberye  + travail photo. Un parfum subtil d'huiles essentielles... peut-être un peu poivrées. Et voilà que je t'écoute. Ma perception s'ouvre. Ce déploiement multi-sensoriel m'engage sur une piste... dans la forêt ou dans la brousse, sur de la mousse fraîche ou au travers de buissons craquants, en un "quelque part" d'à la fois humide et sec, sous-terrain et incandescent, terrestre et aérien... Je ne sais pas encore. Là est le chemin. En attendant, je tends davantage que l'oreille... Mes yeux parcourent des lignes et des traits... pour qu'en moi se forment des espaces sensitifs avec des qualités propres. Le désir réside dans leur découverte—elles, qui se révèlent ou bien se dérobent. La surface apparente des choses se courbe pour s'approfondir en mille perspectives : des points de fuite dans des textures spécifiques—odeur, chaleur, couleur, vitesse, rythme, inclinaison. J'écoute... "toi" qui te manifestes libreme

l'os, le sang, le souffle

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Travail photo. D'où vient le mouvement ? De quel équilibre ?... De quel os et de quel sang ? De quelle solidité et de quelle circulation ? De quelle structure et de quel flux ? L'un me charpente ; l'autre m'anime... Aucun des deux ne m'aura suffi. Il aura fallu que dans le souffle doré je m'élève. Cette colonne solaire me lie dans toutes mes dimensions. Toute entière, je la suis. Sans altérité ? Non, il y a toi. Une sensation médiane qui soulève en moi le sable. Je sens la pluie, mais c'est le vent. L'air est grand ! Une respiration presque chaude et grave comme ta voix. Une aspiration lumineuse comme une illumination. De celles dont je me sais capable quand, seule, j'écoute mes images intérieures. Un monde supraconscient, absolument pas humide, ni foisonnant, ni enfonçant. Une sécheresse comme un râle tiède, un nuage du désert ou une poussière d'étoile. Mes paysages ne sont pourtant pas les tiens. Ensemble, ils s'accompagnent et deviennent.

les "lisières" à l'épreuve de l'artéfact

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Quelques notes préalables à propos des "lisières". Un seul principe, complexe, pour décrire l'émergence des phénomènes "mondes". Il y a des lisières entre les phénomènes —lieux des émergences inter-existentielles. Et il y a des phénomènes, intra-existentiellement émergents, avec des lisières internes entre des niveaux. Un changement de niveau, c'est quand des phénomènes (de niveau n) s'inter-organisent pour faire "système" (de niveau n+1), et qu'alors de nouvelles propriétés apparaissent—manifestant une rupture de nature entre le niveau n (cellules/organes/corps) et le niveau n+1 (pensées/conscience/esprit). C'est ainsi que progressivement, sous la double poussée inter- et intra-existentielle, on chemine de la phénoménologie à l'ontologie. On retrouve l'essence ontologique de l'intégrale, de la goutte ou de l'oméga, déjà contenue dans chaque type de lisières—autant inter-existentielles (via la relation, l'enaction, 

géométries naturelles ?

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Entre géométrie et naturalité. Où se sent-on le plus à l'aise ? A l'origine des schèmes, ou dans leur traduction ? Les géométries sont diversement interprétées : de simples, basiques, élémentaires, elles deviennent complexes, insaisissables, non-repérables—répondant à des progressions non-linéaires. L'incarnation se masque pour passer incognito dans le flux de la vie. Les morphogenèses naturelles se distinguent difficilement dans leur(s) régularité(s), et s'apprécient davantage par la richesse non-préméditée de leur chaos apparent. Les êtres vivants, qu'ils soient végétaux ou animaux, varient à l'infini dans l'émergence propre de leur(s) forme(s) et lumière(s). Pour répondre à l'adaptation, aux nécessités d'intégration et de survie dans des milieux à risques faits de rencontres et de prédation. S'exprime là tout le jeu de l'autonomie (créatrice) soucieuse de perfectionner son intra autant que son inter-fonctionnalité (immer

thérapie de la forêt

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De bas en haut. Les arbres comme des êtres parfaitement équilibrés. Aux racines profondes pour ne pas trembler, se nourrir et prendre appui pour s'ériger. Aux cimes solaires pour surplomber les canopées, s'épanouir et déclencher la photosynthèse. Les arbres, dans leur croissance majestueusement verticalisée, communiquent entre eux selon des modalités horizontales secrètes : c'est ensemble qu'ils grandissent. Les arbres, comme les humains, portent en eux les schèmes d'une géométrie générique à la planète Terre, fonction de sa force gravitationnelle et de sa chimie atmosphérique. L'humus permet la matière ; l'espace permet la forme ; la co-existence entre les agents est la règle : l'énaction varélienne crée les éco-systèmes interdépendants. La "couronne de timidité" (aussi baptisée "fente de solidarité") —observée chez les arbres de certaines essences, des pousses-maîtresses jusqu'aux faîtes venteux, témoigne de leur respect

forêt psychique

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En préfiguration de ma participation à la manifestation "Les origines des mondes". Lettre aux habitants... ... à propos de ce que m'évoquent les forêts. Parce que par ici, il en sera bientôt question... Dans l'essence de celles-ci à la fois naturelle et archétypique. Fière en son érection vers le ciel, mais aussi laborieuse en sa ramification souterraine, la forêt comme métaphore de la psyché—consciente et inconsciente. De quelle manière les habitants de ces forêts, ou vivant à proximité, sont-ils par elle impactés ? Quelle charge millénaire portent-ils en eux ? —dont les natifs des villes se seraient affranchis. Quel est l'inconscient de la forêt ? Comment le fait de la côtoyer nous transforme-t-il ? Quel est son legs ? Quel est son pouvoir d'absorption de nos propres enchantements, lumières, désastres et misères ? Nous "dit"-elle ?... Comme une mère dans le secret, comment nous apaise-t-elle ? La simple idée qu'avant nous, déjà elle sache, la

où est le passé ?

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La "charge". France Culture - La conversation scientifique (24/10/20) : Etienne Klein reçoit Raphaël Enthoven. Au terme de cette émission que je vous invite à écouter, que me reste-t-il ? Un sentiment de haute-voltige cognitive et perceptive... ponctuée de quelques vers plus affectifs. Le Temps se présente diversement—linéaire ou plastique, selon qu'on l'aborde par le dehors ou par le dedans. Certaines tentatives intérieures tendent même à l'externaliser... Attention donc à la mécanique mentale et langagière. Car, rapidement, la dextérité fait qu'on ne sait plus de quoi on parle ! Pour ma part, quelque chose m'a manqué... quelque chose d'essentiel que je vais tenter d'exprimer. * Quand on pose un acte, on crée de l'information qui fait mémoire et karma, dans la mesure où de cet acte découlera une cascade de conséquences dont il sera la cause—explicite de premier degré, ou indirecte de nième degré

la triade médiumnique

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Hilma af Klint - Altarpiece No. 01, Group X Altarpieces (au centre) - 1907. The Dove No. 01, Group IX-UW No. 25 (gauche), & The Dove No. 2, Group IX-UW No. 26 (droite) - 1915. Clichés originaux travaillés numériquement. Cliquer sur les images pour les agrandir. Pas de fatigue pour l'artiste inspiré.e. Quitte à risquer une surexposition à la lumière de ses propres inflexions. Jusqu'aux limites de la santé mentale et de la tenue physique. Au-delà de la systémie joyeuse, en-deçà du don gracieux. Dans un monde durci par la compulsion, coincé dans l'obsession des sphères "hautes"... devenues carcérales. Les couloirs blancs des hôpitaux aux linos brillants en sont l'évocation : des labyrinthes donnant sur des portes à répétition. Ici, rien de tel. Sur le papier, Hilma af Klint semble tranquillement poser son geste psychique. Les formes sont simples, douces et féminines, pleines et fluides, graphiques et aquarellées. L'intuition est certaine. La géométrie

fleurs-de-vies

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Improvisation sur une géométrie de l'invisible Deux nuances de bleu Une apparition. Pure contemplation... L'appel discret et puissant de l'Autre en soi. L'autre—jeune Yang ; l'Autre—Tao infini. Un épanouissement comme une fleur ouverte, riche de tous ses parfums. Des ondes perçues, multi-sensorielles. Un continuum en mutation d'un bleu à l'autre : de l'azur à l'outremer. La vue, l'ouïe, l'odorat... et peut-être même le goût et le toucher, sont sollicités. Question de fréquence vibratoire plus ou moins élevée... Incarnation de la transcendance plus ou moins totale, ou approfondie. Pour nous, la différence probable entre l'Ange et l'Archange. Plus qu'une représentation, une passerelle vers la perception... de ce qui est plus ou moins "creusé", de ce qui est part contributrice de l'Alliance en cours de process ou bien émanation même de cette Alliance réalisée. Mon "petit azur" joue son rôle aux côtés de nous.

la "goutte existentielle"

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Un regard "sain" sur l'en-cours de nos mutations anxiogènes... Une approche "méta"—hors Covid > quelques pistes  : La part pourrie La période actuelle m'évoque une "peau que l'on retourne" pour en montrer le pus sous-jacent. Donald Trump en serait l'un des "tricksters" contemporains. L'abcès du monde, acide et grouillant, n'en est pas encore à son maximum d'irritation ou d'infection, non-arrivé encore à son point paroxystique de purulence, d'insupportabilité et de bascule. On assiste au spectacle douloureux d'ombres mises en lumière pour que, toutes seules, une fois conscientisées, elles se transforment, s'alchimisent—ou, plus exactement, se libèrent en énergies de Vie, en forces vives de croissance spirituelle. On accompagne comme on le peut le travail du monde— avec sa purge et ses pertes ; une maïeutique à l'oeuvre exigeante et stricte, mais généreuse en potentiels, si on en respecte les

l'invisible et son double

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Vidéo musicale "L'Arbre Réel - HUMA". © Droits Réservés Musique originale : Michel Redolfi. Ma plus belle façon d'être thérapeute pour moi-même, c'est de créer. C'est pourquoi j'invite tant mes patients à "se créer" eux-mêmes. Via l'acte de création, c'est une harmonisation holistique qui se produit—en ce qu'elle inclut le conscient et l'inconscient, la psyché courante et celle enfouie, le visible à nos sens directs et l'invisible à ceux qui nous sont plus subtils. La création, c'est là où se joue en nous l'Alliance de l'homme et de l'Ange. Là où s'incorpore le flux des informations brutes ou flottantes qui se trouvent figées de l'autre côté. Car il nous faut imaginer un inconnu à notre réalité : un non-manifesté, un latent en suspend —qui fait "possible" à notre "réel". La membrane qui nous enveloppe en tant qu'existence physique est l'espace-temps. Mais "autre cho

30 ans

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Techniques Mixtes. Ak Mi (1990-220). Quelques spécimens. Cliquer pour rendre "net". ... de peinture irrégulière. De recherche obstinée. De demande secrète. D'attente communicante. De réceptivité imparfaite. De pénétration extra-sensorielle. De transfert de l'onde à la matière. De captation de l'errance. De récupération dans la forme. De réparation du dé-corporé. De noeud entre l'inconscient et l'apparence. D'alliance entre l'invisible et le visible. De soulagement des deux côtés. Ces multiples apparitions sont des cadeaux. Je leur donne ma force vitale et mon énergie créatrice pour qu'elles se disent et se libèrent en tant que karmas (en)fermés. Quelque chose de l'ordre d'un flux alors me charge et me quitte... Des bouts de passé ; des empreintes symboliques altérées ; des obsessions galvanisées ; des passions re-naturées ; des inscriptions surnaturelles ; des échos d'échos ; des élans venus du futur... Des images. La puissance du r

les nuits non-harmonisées

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Echo-sphère nocturne. Cliquer sur l'image pour la rendre plus lisible. Nouveau thème. Rêve éveillé toujours... à partir d'une image luminescente bleu-nuit, une architecture-mandala esquissée. Ici, un imparfait chaotique organisé. Une grosse demande et une petite déroute. Le schème ne s'harmonise pas—pas jusqu'au bout ; on le voudrait plus abouti dans sa concentration, plus dilaté dans sa périphérie, plus respirant dans sa bonhomie : qu'il nous raconte une histoire libératrice et exultante, et non souffrante ou durcie. La géométrie est comme coincée. Mentalement, le schème s'hypertrophie. Certes, il n'y a que peu de superficiel ou de décoratif... Mais l'embranchement est plutôt proche de la céphalée. Le constat est là : le tiraillement de la toile ne rend pas son Arachné heureuse et bien tranquille au milieu. Quelque chose d'un labyrinthe se dessine dans le vertige de la non-localisation. La synchronisation, faite de cercles, est comme "carrée&qu

solitude créatrice

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Travail photo. Tous, nous traversons. Tous, tout-à-fait différemment... la vie. Du célibat au foyer et à la famille, du travail aux passions et aux loisirs, des acquis aux rêves et aux découvertes, des habitudes aux digressions et aux révolutions : un théâtre de l'intime en sursis. Soumis aux aléas qui le saisissent par surprise. Un continuum apparent fait de bulles successives où chacun se définit selon "ses mondes" chéris—tristement obsessionnels ou heureusement créatifs.  La solitude en est un. Pour devenir bénéfique, elle se doit d'être "connectée"—non au sens d'une aliénation aux écrans et aux machines, mais au feu de la présence : un jaillissement comme le craquement d'une allumette, une radiation comme l'écho de l'écho de la Vie dans son éclat et sa continuité, une expansion de l'onde qui inonde la matière jusqu'à dégager de l'énergie. La solitude peut s'accomplir dans l'altérité. "Les autres" peuvent êt