entre désert et lumière

Quand on fait le bilan de sa vie, on réalise souvent que certaines routes nous sont (à tout jamais) barrées, fermées. Ce constat, pas vraiment "triste", est notre contrainte. Ses rives nous acheminent. Et plus on se fie à notre Foi intérieure (qui n'est autre envers nous-mêmes qu'un filin spirituel de vérité), plus le tracé est net. Non pas au sens d'un déterminisme rigide et stupide, mais selon une orientation unifiante à mille possibilités d'incarnation située. Le potentiel demeure, inconnu en son injection définitive, mais néanmoins focalisé sur une émergence particulière relativement claire : celle de la Lumière.

Seule la Lumière, quand en soi on l'a un jour enflammée, n'extermine rien—rien d'autre que ce qui est moins puissant qu'elle. En elle tournoient les évènements, les accidents et les circonstances... les états mentaux et les sentiments... le bien-être et le questionnement. En elle, une phénoménologie de la sélection naturelle. La Vie, en sa phylogenèse et en son ontogenèse, est soumise à la Lumière. En elle, la Vie fait chemin. Point d'existence en dehors du travail qu'elle permet ; en dehors du travail auquel elle soumet. Nous, les créateurs en herbe, sommes absorbés dans son canal, glissons dans sa logique, chutons dans son Possible. Il en résulte un beau désert. Un sable unique. Pris dans le déplacement du vent, on se confond avec l'air et la matière qui claquent et fouettent nos joues brunies. Là, on sait et on sent le vortex qui nous lie. Au dedans et avec le dehors, on ne fait qu'un avec l'élément ambiant que l'on devient, sans disparaître pour autant. Cela nous amène au point de jonction... entre ce que l'on manifeste "soi" et ce phénomène plus grand. Il y a un embranchement et un enclenchement pour un voyage certain dans l'espace et la texture de cet Autre au coeur de "nous". Un simple Principe qui nous fait "être"—en tant que présence(s) physique(s) et en tant qu'émanation(s) existentielle(s). Un simple Amour qui nous définit par le fond... Quand on se confie à Lui, on se retrouve soudain à reposer dans le Profond. On pénètre la Nature fondamentale qui nous a fait advenir en tant que "nous-même(s)". Cette Nature première est Lumière souveraine et insoumise. Toutes les ombres lui sont redevables... au sens où elles aussi se cherchent en tant que lumière(s).

Pourquoi la Lumière, l'Ascension, l'Exigence,... plutôt que l'aspiration vers le commun, le facile, l'immédiat ou le satisfaisant ? Parce qu'à l'origine est une Création—qui est Relation dans l'éclat premier. C'est une qualité. La retrouver en notre finalité ? Jouissance ou mort, une même délivrance dans la douceur, l'enveloppement et la netteté de son évidence. Quand il y a correspondance, congruence ou superposition, c'est qu'on est modestement appelé à l'incarner. Les "descentes" sont fabuleuses, vertigineuses ; elles ouvrent la voie : fabriquent des magies sans mirages, concrétisent des désirs fluctuants, matérialisent des spasmes géants. Nous devenons auriques. Nos élévations par le fondement quittent nos densités actuelles, encore trop réelles. Ce changement d'état porte un nom : Transfiguration. Les "mystères" se trouvent en fait à portée de regard, dès lors que l'on s'attache à ce qui nous habite vraiment. Ils sont les voix du Supraconscient—notre grande inspiration à tous et à chacun. Sans renversement, ni inversion de valeurs entre le bas et le Haut. Là était la question. Un nivellement des mondes entre les yin et les yang ; alors que les mondes (et les sous-mondes) eux-mêmes s'auto-organisent de manière structurée et hiérarchique : le yang Créateur informe le yin Réceptif (sans réciprocité isomorphique). L'Ordre des choses offre un cadre avec des repères de pondération terrestre, physique et idéelle—lesquels, une fois pratiqués, deviennent sources de glissements ardents. Nos biologies s'en portent mieux. Alors, nos physiologies racontent leur émotions et le sentiment qu'elles ont d'elles-mêmes se libère en gratitude. On "est" pour de bon et pour de bien.

Et si cet appel, qui vient de nous, est désertique—au sens où sa nature est le désert, c'est que notre karma ne peut trouver de résolution que dans cette évolution-là. Ce karma, qui incomplètement nous dessine, aura une fin... Il est notre marge d'erreur, notre zone tampon. La lisière à partir de laquelle nous nous déplaçons. Sans but véritablement ; dans une unique respiration qui est celle d'aider la Lumière à devenir elle-même "expérience".

Ak Mi, 9 nov. '20 - 7h52

Commentaires

  1. La Lumière ici est ce qui résulte du complexe originel tripartite—fait de Connaissance, de Substance et d'Amour. L'un des Possibles est qu'elle soit progressivement manifestée en la Vie sous forme d'un mixe devenu Présence à soi et aux phénomènes (et donc "conscience de"). Chez l'humain, elle prendrait peut-être la forme d'une Vérité existentielle.

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