le soin par l'attention

. #attention #mythologies

Par l'attention... et par le récit.

Fra Angelico, "Noli Me Tangere" (15è s.) -
Marie-Madeleine et le Christ.

"Le mal" en soi est une bulle à fantasmes avec une efficience karmique à l'issue incertaine. Le nuage apparaît et s'efface mille fois par année : on ne sait. Il intervient pendant l'orage—avec des flashs arqués comme les éclairs entre ciel et terre. Ce sont ces lumières outrées qui, via les récits qu'elles déclenchent, établissent les liens entre les disparités : initiant ainsi de grandes itinérances et forgeant de grandes épopées. Le contenu et la leçon des initiations se découvrent en chemin. Il suffit de porter "attention" au dit-chemin—à l'enchaînement des causalités et aux pouvoirs des protagonistes : aux radiations de leurs auras, au magnétisme de leurs présences—auprès de leurs pairs, à leurs charges d'inconscient universel, à leurs manières singulières de courber ou de déplacer l'espace-temps. Les choses alors s'enclenchent selon une lisibilité rétrospective nouvelle de l'avant, ou selon une lecture prophétique réengagée dans l'après. Pendant, c'est maintenant... Et c'est le temps de l'attention. Attention tripartite, circulaire et co-générative, entre le moi, le toi et l'entre-nous, dans cet espace de réalité émergente des trois ensemble. Quelque chose se faufile alors de géant... Un fil d'Ariane développant un mythe des profondeurs—liant, unifiant, signifiant. Souterrain comme l'essence des choses ; dynamique comme le flux de la Vie. Par l'agencement des signes et des sens, découvrir ce secret ultimement pré-donné permettant à "l'être" d'advenir dans une forme de rédemption. Ce n'est qu'au terme de ce travail que les choses seront accomplies pour un destin de l'humanité mieux éclairé et plus prégnant.

L'attention se pose ici un peu comme un soin ; le regard explore et considère la chose désirant à l'autre ou à soi-même se manifester. Par là-même, elle éclate son potentiel d'énergie ou se consume sur place, dans la bienveillance de l'accompagnement. Par là-même, elle transmute ses charges négatives, plombantes et annihilantes, en une nouvelle force émotionnelle de Vie. Elle libère sa culpabilité dans l'Amour de l'accueil, le berceau de l'écoute et l'aide à la délivrance. L'attention donne forme réelle, magnétique et incarnée, à l'inconscient. Elle permet le point de bascule entre le tu, le caché, et le libéré, le révélé... dans l'histoire mythologique concernée. Elle claque "la bulle"... éclabousse les préjugés et reformule les enjeux. Les maux de tous sont des phénomènes en cours de réinitialisation. Parcourir son histoire autobiographique et transgénérationnelle, c'est aussi se créer un mythe transpersonnel. Rien que pour soi. C'est encore relier les fragments de vie d'ici et de vie d'avant, des bouts de toi et des bouts de moi, pour voir surgir une résolution karmique qui fasse "guide" pour les descendances d'après. C'est progressivement accoucher le monde de son gros et lourd mystère—pour nous, les ignorants, qui le portons sans le connaître vraiment.

C'est aussi accepter les frontières... en ce qu'elles établissent des lignes de crête entre les versants paradoxaux. En ce qu'elles maintiennent la géographie claire pour pouvoir ensuite en confiance la fouler. Que je sois Christ ou Madeleine, le lien entre nous est celui d'une substantialité fluide et partagée sans être celui de la chair serrée et embrassée. Se sentir alors comme "dévié", et à cet appel ne pas résister, et même y succomber. Pour un récit commun. Celui qui ici accomplit l'Evangile, et rend "possible" la sublimation amoureuse par l'Amour Nu étreinte : celui qui la secrète, la produit, et même la véhicule et la diffuse. Pour un récit... qui en répand ainsi la spiritualisation—elle aussi rompue à l'extase. Ici, la relation, divine, n'appartient plus à ce monde tout en revenant à lui. Elle rend "son service", et le remercie.

La justesse du récit entraîne simplement l'égo à s'ajuster, et à dire "oui"... à une mission désormais déflorée. Pas pour "mourir", pas tout de suite. Mais bien encore pour "tenir"... et assister à l'érosion lente des interdits. Un jour ou l'autre, on léguera intégralement... ce qui ici encore ne peut "se dire". C'est ainsi que, comme cela, toujours autour de nous en orbite, les extra-terrestres à vision sphérique sans doute doivent "nous attendre"... Comme eux, patientons dans les sillons que trace la patine des lumières superposées. Un jour ou l'autre, il arrivera que la nature des choses soit "usée" en sa dureté... et que cette vulnérabilité permette l'infiltration de la Vérité.

Ak Mi, 26 nov. '20 - 12h51

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