créa ' joie

Le réconfort.

Et si je vous disais que la création est une synchronisation ?... Et que c'est en cela qu'elle apporte la joie ?

La joie ne vient qu'au terme de l'écriture de l'article, par exemple .) Et qu'implique une rédaction, si ce n'est une harmonisation d'éléments au départ disparates et qui ne se regardent pas ? Le fait de n'être pas intérieurement "lié" crée la souffrance. Agencer le flux des mots, c'est comme "battre des oeufs en neige". C'est laisser l'ordre des choses naturellement se déployer dans la chimie et le précipité. C'est travailler l'enchaînement des réactions pour qu'elles conduisent à une expansion, une intensification jusqu'à un paroxysme—avant l'achèvement : le repli et le soulagement, le repos et le contentement. En permettant l'émergence du "3" ou l'apparition du "nouveau", l'abrasion des polarités provoque ainsi la joie ! En cela même que le surgissement créatif est autant une homéostasie régulatrice de l'existant (en ce qu'elle rétablit les équilibres), qu'une dynamique d'engendrement des formes (ou une morphose des phénomènes).

Il n'y a de mouvement que dans la dé-construction qui induit sa propre réparation. A son terme, la création est guérison. Elle assemble et synthétise l'instant, dans toutes ses dimensions. Le processus de concentration / sélection en jeu et en action, est un travail d'accouchement, une maïeutique subtile, qui dans le corps peut laisser des traces : entre incertitude et hésitation, ouverture et réceptivité, engagement et errance. Les choses ne se révèlent parfois que lentement—dans des rythmes lancinants, avec des repentirs meurtrissants, des douleurs d'impuissance... Mais, quand "ça passe", et que cela devient vraiment réel dans l'accomplissement, la profondeur et la fraîcheur, on croit simplement "communiquer" ! Avec quoi ?... Avec les strates cachées des manifestations. Avec "nos inconscients" en ce qu'ils impliquent de mystère individuel et collectif dedans. Quelque chose est venu se dire sous la pression des forces en présence ; quelque chose a trouvé sa nécessité dans le don de lui jusqu'à l'apparition. La synchronisation des matières consubstantialisées a produit un effet de perception—avec un saut dans la qualification, voire une avancée dans l'évolution. Ici, ce qui advient, c'est une mise en circulation des charges mentales (ou engrammes) informant les "signes" et les "symboles" des constructions plastiques ou écrites. Ca se meut ; c'est vivant, émergeant, engendrant—nourrissant, simplifiant, éclairant. La subjectivité créatrice qui porte cet événement se vit alors elle-même dans la fécondité,... et la félicité—découlant de la (re)mise en ordre des archétypes et des valeurs, au fil de récits incarnés comme des fondements.

La joie est une mise en conformité avec la Nature de la Création, son mode de fonctionnement. La joie épouse l'entrée au diapason de la Vie, en son soubassement, en sa respiration. La synchronisation allume l'étincelle, initialise ou actualise totalement l'embrasement. L'émotion associée à cette adéquation est une libération, une exultation : enfin, on se trouve "accroché" en nous-même au niveau du rien—de la vacuité ou du sans-fondement. Enfin, on sait... et, de fait, on se met à faire—parce que là est la vérité naturelle de la vision. La lisibilité de la route vient en marchant, en s'exerçant sur ses cailloux ou son goudron.

Le sourire est le véhicule de la joie. Il s'affiche spontanément... quand quelque chose advient qui est emprunt de relâchement et de lumière, porteur d'une solution, acteur d'une résolution. Les complexités se synthétisent et font évoluer les formes dans des enveloppes et des substances de plus en plus subtiles. La pénétration des chairs par les sphères élevées, l'éprouvé de cette altérité en soi incorporée, est le Divin. La noce mariale du Haut et du bas est le Divin. Pour un pas de plus... dans l'expression mythologique de nos vies ; dans les sens accordés aux trajectoires et aux destins. Pour que se réalisent nos Dharma, et que se délivre le monde.

C'est cette énergie tantrique, donnée à l'universalité, en voie du milieu, que j'ai avec toi... et qui fait ma joie.

Ak Mi, 26 nov. '20 - 7h31

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