l'origine du sans-fondement existe-t-elle ?

Est-ce sensé de parler d'origine ?... quand on prend la perspective "du sans-fondement". A priori, non. Toute origine est "relation" de deux agents eux-mêmes individuellement originés au sein d'une relation. Ce processus de genèse, à partir d'une interdépendance diffractée et sans fond, est par conséquent dépourvu d'origine en son essence. 

"Les origines des mondes" se retrouvent en mille lieux éclatées : autant d'origines que de points d'émergence situés et distribués. Elles forment comme un tissu ou espace-temps de naissances—une génération spontanée au-delà des relations-mères qui les ont engendrées. Ou encore, les "origines sphériques" constituent la substance d'une méta-monade à x dimensions, alimentée par ce que l'on nommera des "circularités créatives" (F. Varela) —qui ne sont autres que la résultante d'épopées génératives mutuellement co-contraintes.

Il n'y a donc pas d'origine unique, en dehors du seul principe ontologique qui meut sa propre production phénoménologique (karmique) à ancrages multiples.

Y a t-il aussi seulement un sens à l'évolution autre que circulaire ?... à l'évolution de la Vie dans l'avènement de ses formes ; à l'évolution des êtres qui la peuplent en mal de rédemption. Non. Mais ici, "circularité" rime-t-il avec errance ?... non-sens ou bégaiement ? Ca, je ne le crois pas. Qu'est-ce qui alors se forme ? Qu'est-ce qui apparaît vraiment ?

Ce qui surgit, c'est précisément le sans-fondement : le fait que les relations circulaires co-contraintes ne se nourrissent que d'elles-mêmes pour produire une co-création rétro-affectante ou rétro-agissante sur elles. Et si, dans ce contexte d'énaction généralisée, le "3" advenait, les générations successives ne feraient littéralement que déplacer les éco-systèmes vers une pointe de résolution systémique elle-même nouvelle "origine". Sans fin... Sans fond.

Diagramme extrait des "Dialogues avec l'Ange".
Le sans-fondement ne voudrait donc pas dire absence totale d'évolution. Les origines se succèderaient certes indéfiniment, mais, au passage, les formes changeraient pour se parfaire en des niveaux de résolution supérieurs—qui eux-mêmes rétro-agiraient sur les parties inférieures. Ainsi les organismes (au sens large) se complexifieraient et se raffineraient sans rien perdre de leur souche : de leur matière. De palier en palier, ils gagneraient en connaissance via leur expérience radicalement incorporée. Tout en mutant leur nature, ils continueraient donc de "se conserver". On peut aussi parler ici de "ce glissement" en termes de passages génératifs de l'empirique au transcendental ne perdant rien de l'incarnation. 

Question : y a-t-il véritablement un sommet à ce manège pyramidal ? La représentation de gauche est peut-être trompeuse... Car pour que les choses s'accomplissent vraiment, il leur faut sans cesse boucler sur leur propre origine, tout en synchronisant crescendo tous leurs étages. Moyennant le voyage pour y parvenir, origine et finalité se confondent alors souvent : elles sont quantum d'Amour : "Oméga". L'une est Amour-connaissance, en tant qu'absoluité informationnelle ; l'autre est Amour-expérience, teinté d'énergie ordinaire. Ainsi, les Oméga se hiérarchisent tout en se métamorphosant, pour finalement se fondre en leur propre dimension d'Amour originel—déjà "relationnel".

Cet Amour se trouve dès à présent à portée de nous, afin de le réaliser sans arrière-pensée. Une innocence qui instantanément nous rapproche de l'éternité. Pour ne pas dire : de la vacuité .)

L'origine de la vacuité existe-t-elle ? Si ce n'est en la vacuité elle-même. ...

Ak Mi, 16 nov. '20 - 19h00

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