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Affichage des articles associés au libellé psychopoiesis

de l'évaporation des fourmis

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 ... Oui, pourquoi pas "des fourmis". Vous savez, ces ankyloses qui gravitent dans nos nerfs et dans nos têtes. Ces engourdissements qui temporairement prennent possession de nous... pour nous dire qu'objectivement on n'est pas seul, que nos corps connaissants eux sont au courant. Quelque chose nous tombe dessus, nous recouvre et nous infiltre... de l'ordre des réminiscences indicibles, des ré-appropriations vaines. On retrouve en soi des bouts de film mal montés—autant de dissonances avec ce qui vibre maintenant. Déphasés, nous le sommes... avec notre passé mordant, cuisant, affligeant, et avec les êtres qui encore le peuplent, tous à présent inexistants. Certains pour toujours ne nous rejoignent plus parfois vraiment que dans les rêves nocturnes ; tandis que d'autres, bien vivants, ressurgissent comme des aigles déployés. De toute leur envergure alors, ils refont leur nid en-deçà de celui d'avant—cette fois pour toujours désaffecté. Pourquoi "en deç

les demi-dieux - faunes

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"Nymphe et Satyre" - Alexandre Cabanel (1860). Une physicalité prédominante, une incarnation hybride, une étrangeté assumée, une personnalité troublée, une identité incertaine, une troisième voie manifestée, une révélation encore non-humanisée, un inachèvement fécond, une incertitude joueuse, un désir en excès, une jubilation animale, une extase divine, une force dédoublée, et néanmoins, une souffrance en suspend, une monstruosité cachée, un gouffre souterrain, une grotte ravinée ou une montagne sans sommet. Le Faune-divin est protecteur de sa propre singularité jouissive. Qu'il rêve de l'humain unifié ou qu'il le complète par les bords, il le transgresse sur fond de provocation à la tendresse et à la peur. Le Faune-divin séduit par sa grâce et sa terreur parce qu'en lui se crée le mouvement, la circularité et la danse des conversations. Magnétisés par les extrêmes, on exulte seulement par des bouts de soi. Des dimensions polarisées qui entrent en conflit..

quand on abuse de "la création"...

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 ... c'est qu'on est pressé d'en finir : que les points culminants nous droguent et qu'à force d'y revenir, plus rien n'est satisfaisant. Pressé d'en finir avec le chaos de ce qui jamais n'émerge assez, avec la vie dans ce qu'elle a de plus morne et de plus rugueux. Mais quand on abuse d'un effet de pic, de gouffre ou de vertige, souvent c'est nous-même que l'on abuse. On devient "surnaturel"... au sens où l'on se déplace hors du gîte légitime, hors de la niche structurelle. On souhaite éterniser l'instant : au plus vite le faire revenir et l'étirer jusqu'à n'en plus pouvoir. C'est la définition de l'addiction. Le versant désagréable, angoissant ou morbide bien vite se fait sentir : il est mal-être, sentiment de flottement, d'inertie, de vide ou de désagrégation. Quelque chose de trop arqué soudain se relâche jusqu'à pourrir et se décomposer. Après l'éclat, on vit "mourir" du côt

les brumes

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Les territoires sont vierges. L'aube naissante. Une promesse est annoncée qui ne se profile pas encore. Jamais elle ne viendra. Parce que trop incisive et décisive. Comme la fin. Non infinie, d'où porterait-elle et l'amour et les jours ? Les brumes sans bords, elles, permettent de ne jamais naître. Quand les reliefs sont trop risqués, on les adoucit en ne les affrontant pas. Leur négation les plonge dans l'abstraction. Les voiles sont là. Peut-être chatoyants et lumineux en soi, mais des êtres sans forme, ni mouvement, ni devenir. Je me sens en dynamique contemplative sans mordant. Mes perceptions pourtant sont précises. Volontairement, je floute pour laisser passer le karma. Pour épuiser la force, le danger... et la question. Je ne rebondis pas, mais diffuse ce qui "où donc" s'écoule... Quelque chose accroche mon attention : une rondeur, une moiteur, une candeur... sans chaleur. Un esprit "vide de lui" qui s'adonne aux immersions dans les mo

l'os, le sang, le souffle

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Travail photo. D'où vient le mouvement ? De quel équilibre ?... De quel os et de quel sang ? De quelle solidité et de quelle circulation ? De quelle structure et de quel flux ? L'un me charpente ; l'autre m'anime... Aucun des deux ne m'aura suffi. Il aura fallu que dans le souffle doré je m'élève. Cette colonne solaire me lie dans toutes mes dimensions. Toute entière, je la suis. Sans altérité ? Non, il y a toi. Une sensation médiane qui soulève en moi le sable. Je sens la pluie, mais c'est le vent. L'air est grand ! Une respiration presque chaude et grave comme ta voix. Une aspiration lumineuse comme une illumination. De celles dont je me sais capable quand, seule, j'écoute mes images intérieures. Un monde supraconscient, absolument pas humide, ni foisonnant, ni enfonçant. Une sécheresse comme un râle tiède, un nuage du désert ou une poussière d'étoile. Mes paysages ne sont pourtant pas les tiens. Ensemble, ils s'accompagnent et deviennent.