l'os, le sang, le souffle

Travail photo.


D'où vient le mouvement ? De quel équilibre ?... De quel os et de quel sang ? De quelle solidité et de quelle circulation ? De quelle structure et de quel flux ? L'un me charpente ; l'autre m'anime... Aucun des deux ne m'aura suffi. Il aura fallu que dans le souffle doré je m'élève. Cette colonne solaire me lie dans toutes mes dimensions. Toute entière, je la suis. Sans altérité ? Non, il y a toi. Une sensation médiane qui soulève en moi le sable. Je sens la pluie, mais c'est le vent. L'air est grand ! Une respiration presque chaude et grave comme ta voix. Une aspiration lumineuse comme une illumination. De celles dont je me sais capable quand, seule, j'écoute mes images intérieures. Un monde supraconscient, absolument pas humide, ni foisonnant, ni enfonçant. Une sécheresse comme un râle tiède, un nuage du désert ou une poussière d'étoile. Mes paysages ne sont pourtant pas les tiens. Ensemble, ils s'accompagnent et deviennent.

Je tousse sans rien cracher. J'inspire profondément pour faire descendre ce qui sinon par la bouche s'expectorerait. J'assimile dans le feu. Je suis sacrée. Sorcière ou alchimiste des mille et un destins. De nos origines inconnues à celles de maintenant, une voie multiple, un tracé unique. En apparence, dans la linéarité temporelle, je ne te vois qu'aujourd'hui ; mais en fait, je te connais déjà en tant que qualité spécifique... au sein de laquelle je me rejoins.

Je te fais tuteur d'intégrité et de foi. Je t'accorde ma confiance... Quelque chose de transcendant alors sur nous se penche. On se sent soufflés et traversés par le haut, par le bas. Une lévitation sirupeuse ; celle de l'Amour qui n'est pas seulement "de nous". Bien plus grand. Un déplacement puissant. Un enveloppement pénétrant... jusqu'à l'os, jusqu'au sang, dans le souffle... Et si l'âme se laissait véritablement approcher et toucher ? Sans errance, sans labyrinthe, sans perdition, sans vertige, sans chute, ni fusion... Sans repère autre que la colonne elle-même, et son atmosphère si dense et légère à la fois. Allégresses et drames courants s'y mêlent, tournoient, s'y estompent, abandonnent, s'y dissolvent, disparaissent. C'est la fin du karma d'ici bas. L'origine revenue. Es-tu là ? Encore... ? Non... ? Moi non plus. Mais la lisière de nous, oui. Cela veut-il dire qu'on se sera aimés ? serrés ? exposés ? révélés ?... La distance nous rend proches par d'autres chemins, parfaitement mitoyens et miraculeusement éclairés.

Présence. A nous-mêmes singulière. L'habitude de la seule sonorité... de récits endiablés ! perchés ! —sans souterrains aucuns, absolument ensoleillés. Les tiens... Il faut bien un chef d'orchestre. Et, pour suivre, une bonne soliste en vis-à-vis inspirée...

Ak Mi, 5 nov. '20 - 14h21

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