solitude créatrice

Travail photo.
Tous, nous traversons. Tous, tout-à-fait différemment... la vie. Du célibat au foyer et à la famille, du travail aux passions et aux loisirs, des acquis aux rêves et aux découvertes, des habitudes aux digressions et aux révolutions : un théâtre de l'intime en sursis. Soumis aux aléas qui le saisissent par surprise. Un continuum apparent fait de bulles successives où chacun se définit selon "ses mondes" chéris—tristement obsessionnels ou heureusement créatifs. 

La solitude en est un. Pour devenir bénéfique, elle se doit d'être "connectée"—non au sens d'une aliénation aux écrans et aux machines, mais au feu de la présence : un jaillissement comme le craquement d'une allumette, une radiation comme l'écho de l'écho de la Vie dans son éclat et sa continuité, une expansion de l'onde qui inonde la matière jusqu'à dégager de l'énergie. La solitude peut s'accomplir dans l'altérité. "Les autres" peuvent être infiniment présents dans la préoccupation quotidienne, la mentalisation parallèle, le souci altruiste. Un lien solide comme une liane de forêt tropicale, une génération inaltérable comme une source de Vie. L'Altérité en soi, c'est aussi la part des dimensions subtiles qui nous font nous transfigurer en pures présences d'Amour. Être présent à l'Amour, c'est la disposition que l'on se donne, à se laisser infuser par le principe le plus naturel de la Vie. C'est aussi le vivre plus intensément qu'ordinairement, plus brillamment, comme une lente et puissante consomption. De celle qui amaigrit peut-être la chair, mais qui alimente et illumine l'être. L'être, ainsi nourri et éclairé, alors simplement apparaît... dans un faisceau d'impressions sensorielles et de perceptions psychiques. Les mondes subjectifs, devenus qualitatifs, se dévoilent et s'affirment. L'autre en fait partie : mieux ! en soi, poétiquement, on le définit... à partir d'une constellation de "qualia" qui en nous font tableau. Ainsi, se lie-t-on à notre monde de proximité... par des myriades de suggestions imprimées depuis un fond appartenant à une autre dimension que la seule mécanique mentale. Là où tout est fluide, ample et vibratoire—selon des qualités qui reprennent le spectre coloré.

Jamais la solitude n'aura été aussi pleine, aussi riche—aussi terrestre, aussi éthérique.

Pourtant, un désert nous (r)appelle. Immuable, celui d'un Autre plus invisible encore. Pas spécialement "une personne". Mais une éco-sphère auto-créatrice du phénomène même qu'est l'Amour. Au coeur du coeur de la Création, pour lui donner Vie. Un moteur, un générateur de principes cosmiques qui nous inscrivent dedans. Car nous ne serions pas sans la persévérance et l'abnégation... de l'Amour. Sans cette aptitude à transformer l'ombre en énergie, la souffrance en conscience, l'enfermement en liberté... Sans ce processus alchimique qui patiemment, à force de travail répété, dégousse chaque perle de sa coque karmique.

La solitude se recentre sur cet axe—cet Athanor d'incarnation spirituelle : cette croissance amorisée des polarités. Y consacrer du temps, c'est en perdre au yeux du monde matérialiste ; c'est aussi en gagner du point-de-vue de l'autre côté. Dans la perspective du lien que l'on est—nous créatures vivantes, entre les deux. Entre le monde de l'humanité communautaire—sociétale, économique, politique, médiatique, solidaire,...— et celui de nos Anges, il y a comme un fossé, un déficit de reliance et d'explicitation. Pourtant... pourtant, nous pouvons le combler, pour nous soulager de notre ignorance, de notre arrogance, et les délivrer, Eux, de leur secret, de leur connaissance. Que nos Anges se déversent en chacun de nous pour irriguer l'évolution collective de demain. Ce travail est rude ; la maïeutique délicate : comme une fatalité, c'est à répétition que l'on s'enroule autour de nos erreurs ; mais aussi qu'au détour d'une synchronicité, on perce en nous le mystère du Nouveau. L'Ange, le Nouveau, insiste. Auprès de nous il se confie, si on se rend disponible. Il suffit de peindre ou d'écrire—constamment, pour qu'à force, se fasse jour la couche informationnelle lumineuse du dessous de celle de nos simulations brumeuses. Si nous arrêtions un peu de nous écouter juste pour nous-mêmes dans le quotidien de nos compulsions ! Si nous essayions un peu de nous "brancher" via nos antennes méta-psychiques, telles des paraboles, sur l'espace multidimensionnel infini. ...

Un déploiement, un élargissement, une élévation... qui peuvent prendre corps en chacun et à l'échelle de tous. Par son inspiration, Teilhard de Chardin nous aspirait déjà dedans : sa Noosphère nous attend, nous attire par le meilleur de nous, inéluctablement, irrésistiblement. Allons, individuellement, au plus haut de notre Possible. Allons, ensemble, vers le choeur de notre commun : l'Oméga.

Ceci est une espérance... Tout ce qui reste après la dépression passagère.

Ak Mi, 13 oct. '20 - 11h45

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