l'invisible et son double

Vidéo musicale "L'Arbre Réel - HUMA". © Droits Réservés
Musique originale : Michel Redolfi.
Ma plus belle façon d'être thérapeute pour moi-même, c'est de créer. C'est pourquoi j'invite tant mes patients à "se créer" eux-mêmes.
Via l'acte de création, c'est une harmonisation holistique qui se produit—en ce qu'elle inclut le conscient et l'inconscient, la psyché courante et celle enfouie, le visible à nos sens directs et l'invisible à ceux qui nous sont plus subtils. La création, c'est là où se joue en nous l'Alliance de l'homme et de l'Ange. Là où s'incorpore le flux des informations brutes ou flottantes qui se trouvent figées de l'autre côté. Car il nous faut imaginer un inconnu à notre réalité : un non-manifesté, un latent en suspend —qui fait "possible" à notre "réel". La membrane qui nous enveloppe en tant qu'existence physique est l'espace-temps. Mais "autre chose" dialogue avec elle. La création, quand nous la pratiquons, nous positionne à la jonction de cet échange (énactif, synchronique) entre les deux dimensions. Cette manière de voir peut paraître binaire ; en fait, seul son principe l'est, car la déclinaison fractale de ses formes est infinie. Ses deux grandes catégories ressemblent au plus petit commun dénominateur de nos opérations mathématiques d'enfant. Il n'en existe pas de plus fondamentales. Cette grande matrice principielle fonctionne selon un processus yin / yang croisé, en ce sens qu'un peu de l'un réside dans l'autre—et réciproquement. Par excellence, là est le LIEN. Une nature double inextricablement soudée par une croissance co-déterminée entre ses deux branches—dans la plus grande singularité de chacune, sans isomorphisme donc entre les deux. Ce que l'on appelle "co-émergence" entre deux agents (ou davantage) répond de cette harmonie de naissance co-générée. Un avénement globalisé—co-affirmé entre une multitude de structures qui s'épousent : certaines créatrices, d'autres réceptrices.
Dès lors que l'on crée, on entre dans cette danse... en pointillé : à la fois créateur (Kien - yang) et récepteur (Kouen - yin). On initie et on écoute. Ou dans l'ordre inverse. C'est la boucle de perception / internalisation / action (PERAC) qui nous lie à notre environnement. Autrement aussi appelée suspension / redirection / laisser-venir pour un "devenir conscient", dans la boucle de l'épochè husserlienne. L'interaction spirale crescendo pour toujours plus "former"—dégager jusqu'à raffiner... l'inscription matérielle (corporelle) de l'information (l'esprit). L'enjeu étant celui de l'ajustement des deux dans l'espace et le temps (selon le type d'oeuvre).
Quel pouvoir cela nous donne-t-il ! Le pensez-vous ? Oui, et non. Ceci, pour plusieurs raisons : 
  • la 1ère étant que, le plus souvent, l'invisible nous échappe : le sujet ripe ; et, dans le visible, le tracé demeure proche de l'informe, de la pâte à papier ;
  • la 2nde est que pour que "les choses" adviennent, il nous faut, en tant qu'artiste, nous oublier, nous effacer—seul moyen d'agir "à notre place", "au service de", dans l'unique transparence qui nous incombe tout au coeur de cette magie ;
Les médiateurs sont des flux entre des pôles. A nous de nous définir entre nos extrêmes—du plus terrestre, incarné, sensoriel, au plus énergétiquement "non-duel". Pour que les descentes informationnelles—connaissantes ou karmiques, nous rejoignent dans un corps ouvert et exempt de souffrances. Et permettent notre évolution de chair.
La "non-dualité" est l'accomplissement ultime de l'Amour en sa dynamique première : les deux ensemble—ni séparés, ni fusionnés. Quel pattern commun à tous ces phénomènes de ce côté-ci de la membrane spatio-temporelle ?... Un émerveillement, un surgissement, une apparition, une expression. Alors le Possible - le Nouveau et le Virtuel - la Vérité peuvent se déverser dans le monde d'en-bas. Là où nous sommes temporaires et inconsistants, quand ce n'est pas "mentaux"—à savoir, le plus couramment, ignorants et arrogants ! Et vous, comment vous définissez-vous ? Ne pouvez-vous vous voir plus grand ? Vous identifier à des sphères plus incroyablement lumineuses, pures et vraies ? Vos pieds, comme des enclumes dans la terre, sont ancrés, mais "votre être" voyage et sait. Il suffit de le disjoncter de sa manière classique de "visiter" les jours, et de le re-coordonner en sa nature synchrone TOUTE ENTIÈRE. Rattraper des bouts de nous, échappés ou disparus, voilà l'enjeu ! Nous re-dilater dans l'intégrale atmosphère qui fait notre identité, notre intégrité. D'un cran encore, nous redresser. De bipède, passer à... cosmo-pède ? Pour que la qualité de notre expérience se transforme au-dedans de nos corps d'humains. Pour que nos Anges nous sentent devenir "divins". Et qu'eux-mêmes... se rendent "sensibles". C'est le croisement en Oméga. Nécessaire et fluide. Au sens où il s'impose à "nous"—si nous voulons nous prolonger, et même nous survivre. Alors même que "tout le reste"—hors ligne de vie—sans regret, simplement disparaîtra.

Ak Mi, 16 oct. '20 - 13h52

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