les nuits non-harmonisées

Echo-sphère nocturne.
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Nouveau thème. Rêve éveillé toujours... à partir d'une image luminescente bleu-nuit, une architecture-mandala esquissée. Ici, un imparfait chaotique organisé. Une grosse demande et une petite déroute. Le schème ne s'harmonise pas—pas jusqu'au bout ; on le voudrait plus abouti dans sa concentration, plus dilaté dans sa périphérie, plus respirant dans sa bonhomie : qu'il nous raconte une histoire libératrice et exultante, et non souffrante ou durcie. La géométrie est comme coincée. Mentalement, le schème s'hypertrophie. Certes, il n'y a que peu de superficiel ou de décoratif... Mais l'embranchement est plutôt proche de la céphalée. Le constat est là : le tiraillement de la toile ne rend pas son Arachné heureuse et bien tranquille au milieu. Quelque chose d'un labyrinthe se dessine dans le vertige de la non-localisation. La synchronisation, faite de cercles, est comme "carrée", sans point de fuite. L'image-arrêtée est intermédiaire ; son processus incomplet. Elle reflète le pattern des nuits agitées sans issue. Les avez-vous déjà vécues ?

Quand les niveaux de conscience s'entrechoquent, sans jamais glisser... jusqu'à se superposer, voire même se confusionner ; quand le défilé des flashs n'enchaîne rien de lisse, quand le flux des sens sort de tout cela finalement assez perturbé... On s'éveille comme "inachevé".

Aucune finalité ; aucun accomplissement. Aucun paroxysme, aucune extase. Un goût amer d'échec au voyage. De désordre dans la résolution des charges en présence. On en sort erratique, bousculé, renfrogné, échevelé, fou, dénaturé. On ne le croit pas... Alors, en plein milieu du coton noir environnant, on s'en va vite se lever pour chasser, dissiper, éliminer... Il nous urge de rattraper des repères de conscience ordinaire... et d'ouvrir le frigidaire. La fraîcheur nous réveille ; notre ventre se remplit.

Ce genre "d'angoisse" nocturne est classique sans doute. Elle témoigne de l'éclatement de la psyché en ses niveaux profonds. Un craquèlement qui ne dit rien de sa cause, qui ne renseigne aucunement sur son remède. De sommeil en sommeil, on chemine. On vit la douleur de ne pas parvenir. Un peu à la manière de ces cauchemars dans lesquels on progresse impossiblement, sans cesse plus à reculons. On a beau appuyer, pousser, forcer sur le devant de la marche, désespérément, on demeure planté, statique, figé... courbé à l'oblique ! L'espace s'enveloppe d'une atmosphère comme élastique qui nous résiste—quand elle ne vient pas tout bonnement éclater au-dessus de nous—tout autour. L'effroi nous accompagne ; et quand il est modeste le jour, il peut se faire gigantesque de nuit. Nos peurs dés-inhibées nous habitent d'autant plus que nos rêves sont de loin dés-enfouis. On y trouve nos équations karmiques—révélées selon des raccourcis oniriques souvent étranges. Nos associations mentales déroulent leur langage symbolique sur notre écran psychique ébahi. Il nous faut attentivement les suivre et s'en souvenir, pour apprendre à "se découvrir"... et même à se nourrir de l'autre, en soi-même, au détour des rencontres de fond (pour le moins signifiantes et troublantes). Pour, après avoir "compris", parvenir à mieux assouplir les méandres de sa vie diurne—que l'on peut alors plus naturellement distancier et fluidifier pour davantage d'aisance personnelle et relationnelle.

Pour que tout un peuple en nous converge vers le point de jonction, où nous nous sentirons en nous-même inter-relié sans plus de fils, unifié sans plus de tensions... Porté par la seule dynamique de nos synchronies—dans l'intime, dans l'autour. Ce travail d'harmonisation des profondeurs se fait principiellement dans nos espaces de nuit. Protégeons-les par des pratiques de jour visant la réconciliation vibratoire de "nos mondes" divers. Méditer nous stabilise de corps et d'esprit, nous remplit de présence médiane, vaste et "une". Sur le coussin, nous préparons et réparons nos univers crépusculaires en devenir—en ce qu'en ondes cérébrales alpha ou thêta (avant parfois la remontée en gamma !), nous nous entraînons à plonger dans nos bulles insondables, en même tant que dans nos espaces les plus ouverts et les plus équilibrés. Quelque chose s'en dégage chaque fois de plus ré-accordé. Un labeur sans fin... Un chemin certain.

akmi, 14 oct. '20 - 18h20

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