aux origines, l'informe

Une peinture... pour nous relier à nos traces, pour nous donner la mesure du chemin parcouru, pour nous coller à notre placenta à même la cavité, à même la roche. La matière minérale contient la mémoire des matrices colorées, telles qu'imprimées dans son cristal. Avant nous. Nous, la Vie. Nous, l'érection jusqu'à la conscience, juste après "sentir". Dans cette grotte, je sens... le geste, l'égratignure, la blessure—la chair et le sang, qui donnent de leur impact et de leur symbolique pour s'inscrire et perdurer. Premières affections et attachements, premières pensées, tristesses et peurs, premiers tourments et afflictions, autour de l'éphémère de l'existence. Autour de l'(in)achèvement des choses. Déception, incompréhension, égarements, autour d'un instinct de survie maximal, fatalement dérouté. Ambivalence de se sentir naître et mourir : apparaître à soi, puis disparaître aux autres.
Ce sentiment primitif nous anime tous—enfoui à l'arrière-plan de nos préoccupations, autant nécessaires que superficielles. La matière, pensons la matière... brute... pour la relier à sa forme. Quelle est cette force qui vient la former, l'informer ? Pourquoi, la plupart du temps, ne la concevons-nous pas ? Ne distinguons-nous pas les deux aspects paradoxaux et complémentaires en présence ? Pour ensuite établir le lien synchrone entre les deux. Là où précisément, actuellement, nous nous trouvons.
Ces lambeaux de colle et de peinture me conduisent à me re-scotcher à ma terre, en ce qu'elle me constitue aussi. Ainsi je m'ancre dans l'organe, tel un foetus à peine naissant, peut-être "non-viable" encore à l'air libre. La planète nous présente ses tripes et nous parle de nos ancêtres. A nous de les lire, dans la perception de l'émergence d'alors : tant posturale, que psychique ou cellulaire. Leur souffrance était grande : dans l'entre-deux d'une condition transitoire—plus tout-à-fait purement animale et déjà presque complètement humaine. C'est ainsi que "cet état", en devenir de nous, peut nous faire réfléchir... au nôtre, en cet instant. Nous aussi sommes porteurs d'un avenir—qui ne s'exprimera plus rigoureusement "comme nous". D'ici là, nos anges, en nous-mêmes, se seront davantage incarnés. Notre psycho-physiologie aura formellement et énergétiquement travaillé, pour nous donner à capter, à éprouver, à traiter, à parler et à nous comporter... différemment. Le phénomène humain est voué à évoluer... Cela est hautement souhaitable—nourri activement par certains, attendu passivement par d'autres. Les générations futures porteront dans leurs gènes l'épi-phénomène de nos mutations lentes, mais certaines. L'Amour—la synchronie toujours ascendante, nous aura portés jusqu'à l'équilibre de la Création. Cette croissance (que l'on peut qualifier de "spirituelle") nous tient tous solidaires d'un destin commun, tous dynamiquement inter-reliés. L'inter-dépendance dans le Temps est la primo-garante que nous y serons bien tous réunis—tous manifestés sous une forme dite-évoluée, parfaitement harmonisée dans le Tout. Tous les "agents" ayant traversé la terre—par leur existence un jour ici actualisée, s'y retrouveront imprimés, en ce qu'ils auront participé à l'émergence finale du monde en Oméga. Cette nouvelle Vie sera la synthèse du Nouveau dans nos corps de matière ancienne. Physiquement et chimiquement, elle sera compatible avec tous les flux et toutes les organicités. Elle unifiera chaque entité transgénérationnelle dans un choeur de singularités ; elle régénèrera toutes les tentatives de coeur de chaque groupe d'individus. Ensemble, nous serons "guéris" de nos inconscients karmiques—douloureux, récurrents, obsessionnels et contraignants. Ensemble, nous aurons compris... informationnellement, ce que signifie ce lien entre les manifestations, à toutes les échelles d'espace et de temps. Nous serons, solidaires—UN, en même temps que tous différents. Parce que l'Amour sera devenu "nous" intégralement ; parce que l'Amour est global et unique, autant personnifiant que fusionnant. Dans l'altérité donc, poursuivons notre route sans savoir vers quoi exactement... parce que "Toi, c'est Moi".

Ak Mi, 10 oct. '20 - 9h30

* Sans titre. Techniques mixtes, 76*56 cm - extraits (Ak Mi, 2020). Cliquer sur les images pour les agrandir.

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