au coeur du processus : la création (de soi)

L'Alliance

Qu'est-on "soi" ? une entité vivante ; un "complexe" à la fois organique, affectif, psychique,... et spirituel. Qu'entend-t-on par "spirituel" ? C'est là qu'on ne sait plus vraiment comment dire. Qu'on en perd les mots, et même les notions. Dire les choses honnêtement, mais les dire quand même, c'est tenter d'expliciter la nature immatérielle de soi, en pendant à la nature matérielle de soi. C'est alors imaginer le crescendo et decrescendo intermédiaire entre ces deux pôles. Si je suis matière (organique), je le suis un peu moins exclusivement quand l'émotion m'habite, et peut-être plus que très mystérieusement quand les images (mentales) surgissent, et peut-être plus du tout (mais c'est à voir), alors qu'une inspiration inconnue de mon moi conscient me pénètre.

... Et inversement : il n'y a aucune explication
à pourquoi la mentalisation devient "physique".
Ma vie physique (corporelle—neuronale) et ma vie psychique (mon éprouvé et ma conscience) s'accompagnent de manière inexpliquée : c'est le fossé d'explicitation ("The explanatory gap", en sciences cognitives). Que puis-je entre les deux ?

Ce que je peux, c'est l'alliance entre les parties les plus "ancrées" de moi (celles de la Terre), et les parties les plus "éthérées" de moi (celles du Ciel). L'alliance, c'est une voie du milieu à trouver "pour soi", rien que pour soi. Et dans le 'rien que pour soi', réside tout le travail de la 'création de soi'. A quel niveau de moi est-ce que je souhaite développer mes facultés ? Au plus grossier ? Au plus subtil ? Au niveau de l'interface et du lien entre les deux ?
Les 10 séphiroths
de l'Arbre de Vie hébraïque.

L'Arbre de Vie

Je connais une structuration de l'être qui me parle de cela. C'est l'Arbre de Vie de la Kabbale, revisité à l'échelle de l'être humain physique, affectif, psychique, et au-delà... Issu de la tradition séphirotique hébraïque, cet Arbre nous parle des inter-relations entre les différents aspects de nous—des plus visibles, aux plus invisibles. Y apparaissent les divers processus à l'oeuvre dans la psyché humaine :
  1. l'inter-relation des grandes "structures"—que sont le subconscient, le conscient et le supra-conscient ;
  2. le jeu des principales "facultés humaines"—selon leur processus normaux, leurs dérèglements et leurs principes de guérison. Ex : 
  • Malkuth : les processus physiques—le corps et la matière ;
  • Yesod : les processus subconscients—la vie organique, la mémoire, les émotions ;
  • Netzah : le désir—les besoins naturels et les appétits sensoriels ; 
  • Hod : la communication verbale (non-violente) ;
  • Tiphereth : la conscience (et l'intelligence abstractive) ; 
  • Geburah : la volonté et de l'autorité sage ; 
  • Hesed : le jugement juste, la connaissance du Vrai et du Bien—le raisonnement, l'acquisition des connaissances ; 
  • Binah, Hockmah, Kéther (ou triade du Soi) : le fondement de l'âme humaine—la réalisation (spirituelle) de soi ;
Et la réalisation de soi, qui peut la trancher si ce n'est soi-même en toute (in)conscience ? Car j'avance ici la notion vague de "conscience inconsciente" (voire, plus exactement de "supra-conscience").

Supra-conscient

Le supra-conscient (en parallèle au Soi jungien), c'est la part de nous immuable, inaltérable, inattaquable : la graine de nous, informationnelle—présente pour instruire notre réceptivité intuitive, pour éclairer et "guider" nos décisions,... nos pensées, nos paroles et nos actes. C'est la part de nous—complète, accomplie dans l'absolu, mais plus ou moins intégrée à nous ; la part de nous qui "sait"—en fonction d'un accès direct à la connaissance primordiale à la Source, mais qui, patiente, connaît la difficulté du monde relatif de nos vies ordinaires et le recouvrement collectif, inconscient et/ou voilé, que cela implique.

Le monde est duel à plus d'un titre : le matériel et son opacité d'un côté vs l'immatériel et sa transparence de l'autre. Tous deux sont excessifs. La voie de l'homme est de tracer "au milieu"—mais dans une vraie trace vraiment au milieu ! Le développement phylogénétique jusqu'à l'homme n'y est pas... Pas encore. La formule énergétique de l'état de résolution parfaite entre la particule et l'information n'est pas. ... Mais en nous-même, nous la travaillons chaque jour—dans le champ de notre expérience tenace et têtue. Nous ne pouvons que "marcher plus avant" pour prolonger, et tenter de pénétrer, le sens de ce que nous ne connaissons qu'imparfaitement. Notre rôle pourtant est bien de "lier" et pour cela de "rendre conscient". Et cela, pas seulement à un niveau mental (la conscience de), mais bien à un niveau de "présence en soi" : de lumière—que l'on peut qualifier ici de "descente supra-consciente".

Comment ?

Comment rejoindre notre aptitude supra-consciente ? et comment la laisser "nous informer" : nous rendre capable de "vision", incorporée et pré-sciente, à l'occasion des différentes circonstances de notre vie ? Comment se déclencher à l'endroit de son vrai Soi ? Dans une aptitude à la fois forte et douce—qui fera de nous "le créateur à l'écoute" auquel nous aspirons pour nous-même ?

La connaissance de soi—par la pratique de la méditation de pleine présence, par celle du rêve éveillé, ou par celle de la création automatique, nous permet d'élargir le spectre de nous-même en des territoires à la fois lumineux (notre Dharma, ou "intuition de notre accomplissement de vie") et/ou conflictuels (notre karma, ou "constat de notre équation de vie"—selon la loi de cause à effet). Ce n'est qu'une connaissance de soi approfondie—venant nous imprégner d'informations assimilées sur tous les plans, qui peut nous glisser dans le "geste juste" pour nous en ce moment et en ce lieu précis.

Là, en cet instant, se réalisent la synchronisation "corps-esprit" et la création de soi : une création qui nous brasse le spectre entier de l'être—du plus impalpable au plus incarné, et en relation avec "ce qui est"—l'environnement. Se créer soi, c'est s'accepter à tous les niveaux et dans tous les états de soi, et se faire converger en une "solution" unique et dynamique—qui acte en relation avec le temps présent et l'espace actuel.

Alors seulement "mon corps" devient un instrument psycho-spirituel 
d'émergence créatrice et de fondation du vivant méta-cognitif. ...

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